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new year 2013

 

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PATRIOTE

C’était un patriote. Il ne pouvait pas ne pas être un puisqu’il était le notable de toute sa région et aussi son député.

Au matin, alors qu’il dégustait lentement son café dans sa superbe villa au bord de la mer, loin, très loin de sa région, il parcourait les journaux- pour ne pas dire qu’il les lisait car on ne savait pas s’il savait lire ou non. A la fin sa lecture présumées, il se levait et scandait à haute voix :

« A bas la corruption et les corrompus ! A bas la criminalité et les criminels ! A bas la drogue et l’alcool et leurs barons ! Non à la surexploitation des ressources du pays ! » Des propos dont on pourrait dire qu’ils étaient très patriotique.

Parfois, alors qu’il scandait comme d’habitude, son téléphone sonna pour mettre fin à la scène. Il répondait après avoir entendu son interlocuteur :

-          Virez ma part à mon compte en suisse.

Après il se sentait heureux comme un homme qui vient d’accomplir son devoir.

Mais ce qu’il ne savait le pauvre patriote, c’était que touts les téléphones du pays étaient sous écoute !…

CLEMENTINE

Elle était comme une clémentine, douce, sucrée, appétissante, rafraichissante et fascinante. La couleur de sa peau rose déroutait tous les mâles qu’elle croisait. Clémentine rendait tous le derb dingue par son odeur qui se répandait au milieu de toutes les ruelles…

Tous les yeux affamés des hommes s’acharnaient farouchement sur cette créature fraichement sortie du paradis. Pauvre petite Clémentine ! Pourra-t-elle résister devant un tel danger ? Elle, si fragile, si petite, sans défense devant le loup légendaire de la jungle, cela semble impossible.

Tous les yeux rancuniers des femmes du derb, lui lançait des flèches brulantes de haine et de jalousie. Tellement Clémentine était si belle que les autres femmes sont devenues folles.

Clémentine ne prêtait à tous ce ressac violent de sentiments et de tentations aucune attention et envoyait tous le monde se baladait. Elle s’isolait entre ses quatre murs et devenait alors une proie prête à être sacrifiée sur l’autel des désirs les plus pervers de la race humaine. Chaque matin, Clémentine montait dans une voiture noire et ne revenait que la nuit tombé, ivre comme une bourrique.

Un jour une odeur nauséabonde remplissait l’air et l’on découvrait la pauvre Clémentine au milieu de ses déchets en train de pourrir. Seul une espèce de troubadour venait d’arriver le même le jour, affirmait que l’odeur était celle d’une clémentine en train de pourrir, et il le jura sur la tombe de ses valeureux ancêtres.

On enterra Clémentine emportant avec elle ses rêves et ses désirs et depuis ce jour l’odeur de clémentine envahissait tous le monde…

LIBERATION

L’homme, un vieil de soixante-dix ans, ressemblant plus à un épouvantail qu’à un être humain ; recroquevillé sur lui-même, la mine morne tel un mort-vivant, racontait à sa petite fille la saga de ses nombreuses victoires acquises sur le champ de bataille.

Ils étaient assis sous un vieil olivier,  un jour d’été récalcitrant de chaleur et de torpeur. Il lui dévoilait, avec ferveur, son héroïsme qui n’avait pas d’égal. La petite fille- vu son jeune âge- ne semblait pas comprendre, mais prenait  plaisir à entendre  son «Baâzizi » contant ses histoires de baroud fascinantes car, en fait, il savait si bien conter et chanter comme un vrai troubadour de la place El f’na de Marrakech .Après un moment de rêve, elle lui demanda en tombant entre ses larges bras :

Dis-moi Baâzizi chéri pourquoi toutes ses batailles ?

Elle sentit son corps noueux se raidir contre elle et immédiatement il lui répondit :

C’était pour libérer le pays du joug de l’occupation étrangère ma douce colombe.

Ensuite, il embrassa sa filleule tendrement et enchaîna :

Et c’était aussi pour que tu puisses vivre en paix. Tiens ! je vais te montrer mon petit trésor.

Il farfouilla sous sa vieille Djellaba noir, finit par sortir un vieux portefeuille de cuir rouge, l’ouvrit avec précaution et étala devant elle les nombreuses médailles qu’il avait obtenues. Il prenait un air hautain et poursuivit avec véhémence :

Bien des hommes sont morts, bien des femmes aussi, et des enfants ; des centaines, des milliers… Ce sont tous des martyrs ; Moi, j’ai eu ça.

Il lui montra sa jambe de bois puis tomba dans un silence de cimetière. Sa jambe perdue lors d’une explosion de grenade, c’était le prix de la liberté. Après ce silence, ses yeux s’illuminèrent d’une lueur farouche. Il regarda sa filleule et d’un ton sérieux lui dit subitement :

Veux-tu me rendre service ma chérie ?

Avec plaisir Baâzizi. Que veux-tu de moi ?

Tu sais ma chère petite fille j’ai aidé le pays à reprendre sa liberté et sa dignité mais moi je suis encore sous le joug du despotisme. Alors il faudra que tu écrives-pour moi- une lettre de recommandation aux autorités.

La petite ne semblait pas comprendre ce que lui radotait son grand-père ; celui-ci, voyant de l’interrogation chez elle, lui expliquait :

Les autorités doivent m’aider à me libérer du joug de ta satanée grand-mère et de sa langue vénéneuse…

MAISON

Ma grand-mère avait l’habitude de m’avertir, rageusement, à chaque fois que l’on quittait le village, de ne pas regarder les fenêtres de la maison qui venait d’éclore subitement, au milieu des près de vigne, sous prétexte qu’elle appartenait à une sorcière maléfique, qui  s’était accaparée les esprits des hommes pieux et les avait transformés en papillons qu’elle brulait, sadiquement, la nuit tombé.

Mais mon grand-père m’avait répondu, quand je l’avais questionné à ce sujet, souriant, que le secret de la demeure était dans les vignes qui l’entouraient. Des vignes palpitantes de vie. Et aussi dans la magie lancinante de la maison remplie de rossignols dont les chants lui faisaient oubliés les radotages interminables de sa femme, et la laideur des épouvantails terrifiants du village lugubre…

 

TRAITRE

Soudain, il pensa qu’il devrait écrire les histoires vraies des marginalisés et des S.D.F de la ville.« Bonne idée ! » se disait-il, après avoir fermenté l’idée dans le moule de ses méninges.

Il se coucha, d’un sommeil de bébé, en étreignant ses idées et en essayant de percer à jour les souffrances de ces damnés.

A l’aube, Il se réveilla brutalement. Il ouvrit ses yeux et comprit qu’il se trouvait au poste de police, ficelé comme une saucisse. Quand il essaya de comprendre ce qui lui arrivait, on lui répondit : « Tu es accusé de haute trahison ! ».

VIOLON

Le troubadour de la montagne bleue a enfin rendu l’âme à son créateur gisant comme un déchet dans son trou à rat. Il avait vendu toutes  ses affaires afin de payer les frais de ses maladies. Il ne lui resta plus que son violon rouge imbibé par toutes  sortes  de mélodies gracieuses, tristes, joyeuses, et en qui, à elles  seules, s’identifient toute une nation. La vue de son violon, à côté de lui, lui rappelait bien des moments forts de sa misérable vie, et cela lui faisait du bien mieux que les médicaments. Mais il lui fallait quitter le violon et c’est avec de chaudes larmes qu’il conçu de se séparer de son instrument magique. Le violon emporta avec lui toutes les chansons et les accrocha sur les murs  de l’oubli. Après le départ du violon, le troubadour rendit l’âme.

Que nous reste-t-il du  troubadour Moha ?

Rien, sauf les quelques murmures timides et tristes qui continuent à chatouiller nos pauvres âmes séches…

TOILE

Elle n’avait jamais cessé de tisser sa toile et de la serrer autour des cous des pauvres nases qui  fréquentaient son trou à rat infecte. Ses filets étaient faits de leurs minables secrets, leurs minables vices et leur désespoir en face des instincts qui les écrasaient tout le long de leurs jours. Elle savait-par pressentiment- que le bon remède pour ces maux de conscience n’était autre que le mensonge ; et elle les a  bien servie !

L’araignée –telle une reine- au milieu de sa toile géante, choisissait ses proies avec précision et savourait la viande froide. Elle continua à vendre les mensonges.

Mais, avec le temps, les cadavres pourrissants de la toile remplissaient l’air du Bled d’odeurs nauséabondes et la toile fut découverte par les flics. Hic !

Horreur ! Tous les pauvres nases se tassaient au fond des ténèbres de peur d’affronter le scandale. Les uns  furent emprisonner et écrouer, les autres vécurent dans un cauchemar noir chaque jour et leurs cœurs battaient la chamade à chaque sonneries…   

CHAUSSURES

Que de chaussures ! Le monde en est plein à craquer. Les unes lourdes, et chutant du haut en bas, provoquant un bruit infernal, balayant toutes les roses fraiches dans un Tsunami de sang et de fumées macabres…

Que de chaussures ! Sont devenues des emblèmes imposants et des torches qui illuminent le ciel de l’art, la science, la sagesse, la connaissance… Elles restent enflammées incessamment afin de guider l’homme vers le bien mais en vain…

Que de chaussures ! Passent sans laisser de traces, anonymes, neutres, silencieuses, faibles… jusqu’au point où elles plongent définitivement dans l’oubli et l’extinction…

Que de chaussures ! Que de chaussures !… Mais en voilà une, pleine de fougue révolutionnaire, portant un grand flux de colère refoulée, lancée, soudainement et rageusement, a redonner l’espoir à tout un monde agressé et atteint dans sa profonde dignité. Grande leçon pour un gendarme pourri.

Et donnée par qui SVP ? Miss chaussure !

 

MANTEAU

Elle, regardait avidement le manteau noir.

Lui, regardait fixement la femme qui le portait.

Elle, savourait du regard, les beaux boutons bruns du manteau noir, alors que lui, matait goulument la poitrine saillante qui palpitait sous les beaux boutons bruns du manteau noir.

La jolie femme but une gorgé de café.

Elle, était heureuse de voir le manteau noir.

Lui, ne voyait que les lèvres charnues de la belle créature.

Le portable de la femme sonna, elle répondit, ces mots semblaient être du miel qui venait de dégouliner d’une ruche. La femme quitta le salon du thé tel un papillon au milieu d’un champ de fleurs.

Elle, avait prit la main de son mari, heureuse telle une petite fille, en songeant au beau manteau noir. Lui, avait fermé ses yeux comme pour protéger les dernières images de la belle et les enregistrer au fin fond de lui-même en espérant qu’elles le délivreraient du visage morbide de sa misérable femme.

Après le départ de la belle créature, elle, ne cessait pas de se demander :

-          Où a-t-elle pu dénicher ce superbe manteau noir ?

Lui, fermant toujours ses yeux se demandait :

-          Où peut- elle aller ? Avec quel homme heureux va-t-elle conclure ?

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